Question de point de vue

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“Yet, if I know Brian, he will likely replay the near misses more than the hits, as that is how high achievers tend to operate”.

Je travaille depuis bientôt deux ans pour une société américaine, j’en suis le seul salarié français.
Autant dire que le culture de l’entreprise française me concerne assez peu. Je suis spectacteur (et acteur finalement) de la culture d’entreprise anglo-saxone, et singulièrement, américaine.

Le “welcome” et “farewell” email y sont des passages obligés.
A mon arrivée j’ai eu droit à un texte louant mes exploits passés et insistant sur combien je devenais un élement clé de l’entreprise. Ca m’a surpris, j’ai bien fait de ne pas le prendre trop au sérieux, sinon mon ego en aurait pris un coup au recrutement suivant en m’apercevant que d’autres étaient aussi des gens formidables.
Cet email été suivi de dizaines de réponse d’accueil chaleureuses.
Que j’ai accueillies avec le recul français de rigueur, un ami m’ayant généreusement mis en garde contres “ces américains qui t’ouvrent grand les bras et ne les referment jamais vraiment”
Cela dit c’est une experience plus agréable que celle que j’avais vécue en arrivant chez mon employeur précédent. De culture outrageusement latine, puisqu’italienne, cette société n’accueille pas ses salariés. On vous y donne un (bout de) bureau, on va acheter un laptop à la fnac parcequ’on n’avait rien prévu, on ne vous présente à personne. Ce qui fait que tout le monde se demande ce que vous foutez là (uniquement les initiés savaient que vous arriviez, l’information c’est le pouvoir)

A l’arrivée, le welcome mail, à la sortie le farewell. Qu’on parte volontairement ou pas, en bons termes ou pas, on a droit à un mail, une espèce d’hagiographie professionnelle.
La phrase au début de cet article est extrait de ce type de mail, que mon CEO adressait cette semaine à “all” pour nous annoncer le départ d’un VP (NB : c’est toujours le N+1 qui adresse le mail).

Cette phrase, la dernière, est intéréssante car elle révèle encore un décalage flagrant entre les cultures française et américaine.
Pour les américains l’echec est une composante du succès.
C’est en essayant beaucoup et en se trompant la plupart du temps qu’on finit par réussir.
Alors qu’en France, on est tétanisé par la peur de l’echec, aux Etats-Unis on n’est pas sanctionné pour avoir essayé et raté, tant qu’on reste dans une attitude positive et qu’on tente à nouveau.

C’est le pays des cow-boys et du revolver à 6 coups.
Nous en sommes encore à l’arquebuse.

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