Dark Light

Un drôle d’effet que cette nouvelle au réveil ce matin.
Dans un demi-sommeil, j’entends Nicolas Demorand annoncer “Michael Jackson est mort hier à Los Angeles”.
Et ma réaction, probablement due au demi-sommeil, mais tout de même assez révélatrice a été quelque chose comme “ah bon? il était encore vivant?”

Évidemment je SAIS qu’il était vivant, je SAIS qu’il prévoyait un retour sur scène. Mais au fond de moi, au delà de l’individu que je ne connaissais pas et donc pour lequel je n’ai pas de raison d’être plus ému que pour n’importe quelle autre mort lointaine de mon quotidien, le Michael Jackson qui m’a ému, celui dont je suis toujours un fanatique est mort il y a bientôt 20 ans.

Après des préliminaires familiaux dans les 70’s, il a , avec l’aide de Quincy Jones tout de même, inventé la musique d’une génération.
De “Don’t Stop Til You Get Enough” à “Leave Me Alone” , en 3 albums, 30 titres et moins de 10 ans, Michael a entrainé le monde dans une immense partouze funk-rock-pop.
Les quelques “You Rock My World”, “Scream” ou “Jam” ne sont que quelques gouttelettes de foutre lachées dans les 10 années suivantes.

Je n’ai jamais vu Michael Jackson sur scène. En tous cas pas ce Michael Jackson là.
J’étais dans la foule du Dangerous Tour où j’ai assisté à un carnaval messianique sans âme. Ce soir là je me souviens d’avoir pensé au moment où il s’envole dans les airs que les idoles meurent.

Les 15 années qui ont suivi n’ont été que la confirmation de la disparition de cet artiste remplacé par un individu abject et pitoyable à la fois.
Comment se cantonner à “juger l’artiste et pas l’homme” ? J’ai du mal à apprécier le génie de Céline. Pour les mêmes raisons, que michael jackson, l’homme, sans les majuscules, pas le génie, soit mort hier n’est pas l’évènement qu’il devrait être pour moi.

J’avais bien sûr tenté d’acheter des billets pour Londres mais sans conviction, par réflexe consumériste, comme je me jette sur le dernier iPhone.

Évidemment je suis nostalgique quand je revois son Billie Jean pour l’anniversaire de la Motown, je suis ému quand démarre Rock With You, je m’arrête quand les voix de Man In The Mirror emplissent mon salon.
Mais je sais que c’est de la nostalgie, la nostalgie d’une époque où je portais des sweat-shirts roses et des docksides, où je faisais le moonwalk sur le sol carrelé des chiottes du collège, nostalgie de ces moments où on se rassemblait pour la diffusion d’un clip en extra-exclu présenté par Michel Drucker le samedi soir, nostalgie d’une époque où les M&Ms étaient des Treets et les Twix des Raiders.

Michael Jackson est mort, la belle affaire.

Ma playlist Jackson sur Spotify (parcequ’il faut bien faire des choix)

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