Dark Light

La présentation de Steve Jobs cette semaine était étonnante.

Comme prévu il a présenté sa tablette tactile grand format. Seule surprise, le nom: iPad.

Il a été question de spécifications. Une gamme allant du petit disque dur à connectivité wifi, pour usage domestique, à des versions plus musclées avec de la 3G et plus de stockage, pour un usage nomade professionnel.

Les démonstrations sur scène ont été extraordinairement peu bluffantes. Web browsing, video YouTube, iTunes. Bref rien au delà de ce à quoi on peut penser sans trop se forcer.

Alors la question est : pourquoi dépenser deux ou trois fois plus que pour une tablette propulsée par Windows ou une distribution Linux comme on va en voir plein les rayons des supermarchés, de la fnac et des distributeurs en ligne ?

Honnêtement, si c’est juste pour faire du web, et si on est pas un bobo fétichiste de la pomme (c’est vrai sur la table du salon c’est plus classe qu’un logo Acer), l’intérêt est assez faible.

Saut que ce n’est pas ça. De la même manière que l’iPhone n’est pas un joli téléphone avec écran tactile, l’iPad n’est pas une tablette bien designée.

Quand l’iPhone est sorti, beaucoup des professionnels du mobile étaient sceptiques (j’en faisais partie). Spécifications très en dessous du marche (appareil photo 2 megapixels à lors que le standard marché tendait vers 5, pas de 3G, pas de slot d’extension) faisaient apparaitre ce produit comme piège à geek fortuné.

Sauf qu’une fois l’outil en main, on se rend compte en quelques secondes qu’il ne s’agit pas de spécifications techniques, qu’il ne s’agit pas de “faire comme avec un autre mobile”, il s’agit d’interface. De la manière dont tout est conçu en fonction des usages et pas des fonctionnalités techniques.

Un de mes proches, pas du tout mobilo-geek, mais tout de même assez fortuné et technophile, possédait des Nokia NSeries depuis plusieurs années, avec des abonnements incluant le data. Quand l’iPhone est sorti, après deux ou trois minutes d’hésitations, il est passé chez Apple. Sa première remarque : “c’est cool, on peut voir la météo”. Il pouvait voir la météo depuis des années sur ses nokia. Mais c’était compliqué, en tous cas il fallait savoir qu’on pouvait voir la météo pour accéder à la fonction. Et même une fois dans la fonctionnalité on restait dans un écran de navigateur, avec des logos dans tous les sens, le branding de l’opérateur, des boutons standard (menu, option, stop, accéder…) et un clavier numérique de mobile tout à fait inutile.
Avec un iPhone on a un ecran 100% dédié à la fonction utilisée ; aucune pollution visuelle, uniquement ce qu’il faut pour voir la météo.

Et la vraie révolution de l’iPhone est là : C’est une page blanche. Un support pour fabriquer n’importe quelle “machine”.

C’est avec l’AppStore qu’Apple installe sa domination sur ce marché du “smartphone” (mais on est en fait dans un autre domaine).

Avec l’iPhone, et aujourd’hui avec l’iPad, iPhone entérine l’ère des outils modulables. Il ne s’agit plus de décider à quoi servent les devices mais de fournir un support, le plus neutre possible, pour laisser les acteurs du marché inventer.

l’iPhone va supplanter des dizaines de terminaux dédiés. Lecteur MP3, téléphone, GPS autonome, terminal de paiement,… Uniquement parce qu’il permet de tout faire avec une interface 100% adaptée à chaque fois.

Avec l’iPad, c’est ce qui va arriver. Un appareil sera sur la table du salon, il sera le lien protéiforme avec le monde numérique.
Il est impossible de savoir ce qu’en feront les utilisateurs.

Web-browsing ? Sans aucun doute, c’est l’usage le plus immédiat. Mais ce n’est pas le moyen d’accès à Internet le plus populaire chez les utilisateurs d’iPhone.

Domotique ? Probablement. Si j’étais un acteur du smart-grid, je développerais tout de suite pour ce terminal.

Lecture de news ? C’est évident, mais ce ne sera pas en mode “web”. LeNewz (http://lenewz.com/iphone), une application iPhone qui “cartographie” les sources d’information par thème a développé des mock-ups de ce que cela donnera sur iPad. C’est très convaincant. Il est évident que c’est sous cette forme et sous la forme d’applications média dédiées qu’on consommera de l’information sur iPad

Enfin, l’iPad, comme l’iPhone, est un objet sensuel. La science-fiction et les prospectives technologiques nous promettaient un monde qui se virtualise et des accès à ce monde encore plus virtuels. L’écran holographique de Minority Report, des écrans intégrés aux lentilles de contact, des connections neuronales, Second Life. Bref une abstraction du corps dans le rapport au monde numérique. Et c’est exactement le contraire qui se passe. C’est un monde tactile qui se présente. C’est une véritable interface physique avec l’objet qui en accroit encore la valeur symbolique et sensuelle.

Bref, l’iPad, parce que physiquement relié à son utilisateur, parce que neutre, parce que modulable et grâce à l’expérience iPhone App Store est bien parti pour s’imposer sur toutes les tables de salon, dans les mallettes des businessmen et probablement à des milliers d’autres endroits qu’on imagine pas, avec des applications dédiées.

l’iPad est une page blanche.

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