Dark Light

Concert de NTM à Bercy hier soir.

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, si ce n’est que je voulais voir ce que les deux acolytes donnaient sur scène.

J’avais vu Joey Starr dans une toute petite salle il y a deux ans, le côté animal, la présence scénique et le charisme du frappeur de singes m’avait impressionné. J’ai vu des dizaines (centaines?) d’artistes sur scène et j’ai rarement ressenti une telle présence.

Alors, bon, Bercy et ses 17.000 personnes ça se remue plus difficilement que le Plan de Ris-Orangis. Mais les gars sont deux au micro et l’événement est de taille

Intro classique pour un groupe de rap égocentrique (pléonasme ?). Une musique à la John Williams, des lumières aveuglantes et le nom du groupe qui apparaît en gros, en énorme, sur scène. (Ils ont dû aller voir la dernière tournée d’IAM. Tout pareil, en plus fort, plus gros et plus gras, avec un bout de Daft Punk)

Dès la première note, Bercy est debout, scandant les versets du groupe de leur jeunesse (de celle de leurs parents souvent) les bras en l’air. Ils se fatigueront rarement pendant les 2H30 de spectacle.

Parceque c’est un peu ça le problème, je n’ai pas vu un concert de rap, j’ai vu un spectacle multimédia essayant de ramener en 2008 ce que NTM a été il y a 20 ou 25 ans.

Joey Starr est toujours aussi présent, il bouffe littéralement Bercy, usant de provocations permanentes pour pousser le public à hurler de plus en plus fort, quand il se déplace et grimpe sur les retours, on dirait que la scène est grande comme sa chambre

Kool Shen par contre a sacrément du mal à rattraper son pote, le pauvre, on a envie de lui dire que c’est pas grave, il a qu’à prendre une chaise si il se sent fatigué, au lieu de se balader péniblement avec sa serviette éponge.

On a droit à tout le catalogue de tubes, de lieux communs sur la police, le gouvernement, comment ce serait tellement mieux si les rappers étaient au pouvoir et ce monde de merde dans lequel on vit. Mais bon, il y a un public à satisfaire, une image a entretenir et une réputation de groupe subversif à lustrer.

Tout se passe donc pas trop mal, jusqu’au tiers du concert où la formule duo rap + DJ caché vole en éclat, et où le concert part en couille.

Arrivée de danseurs très moyens (les mecs qui dansent le samedi devant cytadium en pleureraient de honte), de potes qui viennent beugler dans le micro et surtout d’un groupe ragga-funky à mourir de rire.

Quelle drôle d’idée de faire venir un vrai groupe…. Et surtout celui là… Des passages funky aussi bienvenues que les interventions rap de Corey Parker dans les concerts de papa Maceo. C’est incongru, inutile, polluant.

Arrivée de “danseuses” en booty short vinyle doré. J’étais la semaine dernière dans un club black de San Francisco, n’y allez pas les filles, ça vous donnerait des idées sur comment ressembler vraiment à une fille de clip RnB, vous risqueriez de devenir sensuelles plutôt que juste salopes.

Et surtout, passage “Carnivale” avec Joey Starr qui nous fait presque du zouk.

Bref, n’importe quoi, n’importe comment. Une mascarade.

Retour gagnant disent-ils ? Pour leur compte bancaire sans doute. Pour leur légende, j’ai comme un doute.

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