Déficit ou coût, choisir ses mots

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le déficit global de l’hôpital en France, qui a été de 800 millions d’euros en 2008, va continuer d’augmenter. Alors, parfois pour de bonnes raisons, et notamment celle du vieillissement de la population. Mais pas toujours ! Il y a des gisements de plusieurs centaines de millions d’euros d’économie qui sont dédaignés, au nom des corporatismes.
RTL.fr – L’hôpital ne veut pas se transformer en entreprise

Aujourd’hui, mouvement d’humeur d’un groupe de médecins qui contestent la réforme de l’hôpital en cours de préparation.

Pour faire court, l’hôpital public coûte trop cher, il est en déficit. Ce sont des médecins qui dirigent les hôpitaux, ils sont de mauvais gestionnaires (ces irresponsables pensent à leurs patients plutôt qu’à leurs comptes), on va donc leur donner un vrai patron qui saura équilibrer les comptes.

Quoi qu’on pense du fond (et je n’en pense pas grand chose, je suis absolument incompétent pour juger en particulier de l’aptitude de professeurs en médecine à gérer des comptes, même si a priori je ne vois pas en quoi ils sauraient moins bien compter que des ingénieurs ou des polytechniciens), le choix des mots est intéressant.

Pourquoi parle-t’on de “déficit” ? Je pensais que la santé publique avait un coût, je ne pensais pas qu’il s’agissait d’en faire une affaire profitable. Pense t’on vraiment que l’hôpital public doive contribuer à la croissance du pays ?

Si ce n’est pas le cas, l’hôpital n’est pas en déficit de 800 millions, il coûte 800 millions.

Autant la notion de déficit suggère incompétence, audit, reprise en main, optimisation, autant celle de coût replacerait le débat dans la question de savoir si la communauté est prête à cette dépense. On la mettrait en face d’autres (réductions fiscales, baisse de la TVA pour les restaurateurs, aide à l’emploi, défense, éducation) et on choisirait sainement de fixer des priorités.

Évidemment le choix des mots est ici clairement fait par les promoteurs de la loi, mais que les journalistes et les opposants les reprennent est à mon avis un signe de victoire définitive des tenants de la rentabilisation de la santé publique

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