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CLOUDS : Une analyse (à l’emporte pièce) – .: DMY :.
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CLOUDS : Une analyse (à l’emporte pièce)

CLOUDS : Une analyse (à l’emporte pièce)

Prince a fait annoncer hier qu’il sortait deux albums le 29 septembre et a livré un single au passage dont voici les paroles (approximatives)

You should never underestimate the power of a kiss on the neck when she doesn’t expect a kiss on the neck, when she doesn’t expect a kiss on the neck
Every time you catch her singing in the shower you should go and get a flower no matter what the hour and just rub it on her back, rub it on her back, rub it on her back

In this brand-new age we do everything quick, fast in a hurry
All of our life’s a stage
Everybody stars, reality so blurry
If you screamed out loud (loud) on top of your voice would it be higher than the crowd? No.
Tattooless and proud (yeah)
We’re getting high on something that doesn’t require clouds, no
We don’t need no clouds, no.

You should never underestimate the power of a kiss on the neck when she doesn’t expect a kiss on the neck, when she doesn’t expect a kiss on the neck
Every time you catch her singing in the shower you should go and get a flower no matter what the hour and just rub it on her back right, rub it on her back, rub it on her back all over me?

I want to give you something baby but I wonder does it really even matter if it ain’t on a stage? If it ain’t on stage I don’t think it really matters in this brand-new age.

When life’s a stage in this brand-new age how do we engage?
Bullying just for fun, no wonder there are so many guns, maybe we’re better off in space.

Mr. Nelson, Mr. Nelson, can you hear my voice? Sir, we know you’re a little bit groggy and you’re probably going to find it hard to speak but don’t try to talk or process too much now. We just wanted to let you know that the medication you were given has put you in suspended animation for quite some time. Well, in fact, about 45 years, but where you are now is a place that does not require time. That being said, you are completely safe.. we’re here to help you.

You should never underestimate the power of a kiss on the neck when she doesn’t expect a kiss on the neck, when she doesn’t expect a kiss on the neck
It’s in the power to love you, it’s in the power to love you up? It’s in the power to love you.

Depuis toujours Prince se considère comme un visionnaire. Si ses morceaux qui parlent d’autre chose que de sexe, d’amour ou de religion sont peu nombreux, ils tombent parfois juste. Et en général avec de l’avance.

En 1993, il quittait Warner Bros avec fracas pour signifier qu’il n’acceptait plus d’être employé par sa maison de disques et de ne pas être propriétaire de ses masters. Dans son esprit il avait utilisé les services de Warner pour l’aider à travailler (mettre un studio à sa disposition, gérer son marketing). Une fois ce deal terminé il devait pouvoir repartir avec ses cassettes sous le bras et changer de crèmerie. Pour Warner Bros les artistes étaient des créateurs à qui on fournissait un environnement pour qu’ils s’expriment mais comme des collaborateurs. Les droits sur les enregistrements revenant à la maison de production.
C’est l’époque du LoveSymbol et du Slave tatoué sur la joue.
A peu près tout le monde trouvait Prince ridicule.
20 ans plus tard il revient chez Warner pour leur éviter un procès et négocie des conditions ultra avantageuses en récupérant les droits sur 18 ans de production au lieu des 5 que prévoit la loi à ce moment là.
Entre temps le sujet est devenu mainstream avec des artistes comme Madonna et George Michael qui suivent le même chemin. Avec 15 ans de retard.

En 1996 il écrit le morceau « my computer » :

It was Sunday night, instead of doing what I usually do, I
I scan my computer looking for a site
Somebody to talk to, funny and bright
I scan my computer looking for a site
Make believe it’s a better world, a better life

Presque 10 ans avant la création de Facebook voilà un morceau sur la solitude face à un écran d’ordinateur, le temps perdu à chercher un contact. Bref a peu près tout ce que les sociologues nous racontent depuis 5 ans.
A part le ice bucket, ça il l’a pas vu venir.

A la même époque il cherche à s’affranchir des contraintes de distribution et il est le premier artiste à distribuer un album 100% via internet. En vente par correspondance mais surtout en téléchargement. En 1998, à l’époque des modem US-Robotics 56k c’est un tantinet optimiste. Mais c’est une première.

Il y a 4 ou 5 ans il fait hurler de rire le monde entier (enfin, la partie du monde qui se souvient qu’il existe) en chassant ses videos sur YouTube sous le pretexte qu’il ne touche rien et que donc son image est utilisée sans qu’il en tire profit.
« Mais ça te fait de la pub, t’es con ou quoi ? »
« Tu sais où je me la mets ta pub ? Si y a pas de dollars j’en veux pas »
Au printemps dernier l’intelligentsia artistique américaine montait au créneau contre VEVO pour exactement les mêmes raisons.

Ce long préambule pour rappeler que, si elle a l’air a côté de la plaque, si son marketing laisse rêveur et si elle est tout de même un peu à la ramasse question créativité Son Altesse Pourpre est capable de temps en temps de comprendre 2 ou 3 trucs un peu avant la masse.

Et voici donc mon analyse foireuse de CLOUDS : C’est une chanson sur la singularité et l’immortalité numérique.

Alors, la singularité : En gros, compte tenu de l’accélération du progrès technique et de la puissance de calcul des machines on s’approche d’un moment où on sera capable de « transférer » un esprit et une personnalité humains dans des machines. Pas dans un smartphone ou un nabaztag mais dans le réseau. Ces « nouveaux humains » vivront donc quelque part, comme de purs esprits, dans les réseaux. Un peu comme Matrix mais pas vraiment, comme dans Transcendence, le (mauvais) film avec (le fade) Johnny Depp.
Bon c’est un peu grossier comme description mais vous voyez l’idée.

Et donc CLOUDS ça parle de ça. Le propos est : Le monde devient numérique mais il ne faut pas oublier le physique.

Demonstration

  • Le coup du « kiss on the neck ». On est en plein dans le sensuel, le charnel. Il passe la chanson à rappeler que c’est ce qui est important. Au passage il nous ressort son obsession des bains/douches à deux. On a des marottes ou on en a pas
  • Le monde actuel est artificiel (Art Official Age = Artificial Age) (drôle) et donc Prince, ben il aime pas l’artificiel où tout va trop vite et où on fait des selfies (« All of our life’s a stage, Everybody stars »). Parce que Prince, les gens narcissique, il aime pas. On rigole pas svp.
  • « We’re getting high on something that doesn’t require clouds, We don’t need no clouds, no. ». Bon là on peut pas faire plus clair hein ?! Le Cloud à la CISCO rien à carrer Prince, il a pas besoin de ça pour s’envoyer en l’air.
  • Et le gros morceau. Ce que j’appelle la séquence « Hibernatus » précédée d’un « Maybe we’re better off in Space » : Quand la jeune fille le réveille après 45 ans de congélation dans un endroit où le temps n’existe plus « where you are now is a place that does not require time« .
    Là je crois que c’est clair comme l’eau du Minnetonka : Il s’est fait congeler (la singularité ça va pas être demain-demain non plus), transférer dans un endroit où le temps n’existe plus et il est « completely safe » donc il n’a plus de corps. et il vit dans les internets où le temps ne compte plus puisqu’on est à la vitesse de la lumière.

Donc voilà, c’est évident : c’est une chanson qui oppose le charnel au virtuel, le temporel à l’infini; et comme dernier indice sur la pochette de l’album Prince nous regarde a travers ce paysage neuronal auquel il appartient désormais.

J’ai dit

 

DMY
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